Accueil­Portail­Calendrier­FAQ­Rechercher­S'enregistrer­Membres­Groupes­Connexion
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 C@fé LittérAire

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
(SIC)
AdMiN


Masculin
Nombre de messages: 21
Age: 29
Localisation: Montpellier
Date d'inscription: 06/09/2006

MessageSujet: PUB PHILO   Ven 29 Sep 2006 - 23:39

Coucou c'est (SIC), le reporter qui ici rapporte les mots d'un être qui mérite vraiment d'être lu, voici ici quelques menus concepts développés de manière poétique par un auteur que je viens de découvrir grâce à une très chère amie nommée princess, méditez sur ces brèves citations...

Textes de Khalil Gibran (poète et peintre libanais)

Sur la connaissance se soi

"Vos cœurs connaissent en silence les secrets des jours et des nuits. Mais vos oreilles se languissent d'entendre la voix de la connaissance en vos cœurs. Vous voudriez savoir avec des mots ce que vous avez toujours su en pensée.
Vous voudriez toucher du doigt le corps nu de vos rêves.
Et il est bon qu'il en soit ainsi. La source secrète de votre âme doit jaillir et couler en chuchotant vers la mer,
Et le trésor de vos abysses infinis se révéler à vos yeux.
Mais qu'il n'y ait point de balance pour peser votre trésor inconnu, Et ne sondez pas les profondeurs de votre connaissance avec tige ou jauge,
Car le soi est une mer sans limites ni mesures.
Ne dites pas: "J'ai trouvé la vérité", mais plutôt: "J'ai trouvé une vérité".
Ne dites pas: "J'ai trouvé le chemin de l'âme". Dites plutôt: "J'ai rencontre l'âme marchant sur mon chemin".
Car l'âme marche sur tous les chemins.
L'âme ne marche pas sur une ligne de crête, pas plus qu'elle ne croit tel un roseau. L'âme se déploie, comme un lotus aux pétales innombrables."

Sur l'enseignement

"Personne ne peut vous apprendre quoi que ce soit qui ne repose déjà au fond d'un demi-sommeil dans l'aube de votre connaissance.
Le maître qui marche parmi les disciples, à l'ombre du temple, ne donne pas de sa sagesse, mais plutôt de sa foi et de sa capacité d'amour.
S'il est vraiment sage, il ne vous invite pas à entrer dans la demeure de sa sagesse. Il vous conduit jusqu'au seuil de votre esprit. L'astronome peut vous parler de son entendement de l'espace. Il ne peut vous donner son entendement.
Le musicien peut vous interpréter le rythme qui régit tout espace. Il ne peut vous donner l'ouïe qui capte le rythme, ni la voix qui lui fait écho.
Celui qui est versé dans la science des nombres peut décrire les régions du poids et de la mesure. Il ne peut vous y emmener.
Car la vision d'un être ne prête pas ses ailes à d'autres.
De même que chacun de vous se tient seul dans la connaissance de Dieu, chacun de vous doit demeurer seul dans sa connaissance de Dieu et dans son entendement de la terre."

Sur le Mariage:

"Vous êtes nés ensemble, et ensemble vous serez pour toujours.
Vous serez ensemble quand les blanches ailes de la mort disperseront vos jours. Oui, vous serez ensemble même dans la silencieuse mémoire de Dieu. Mais laissez l'espace entrer au sein de votre union. Et que les vents du ciel dansent entre vous.
Aimez-vous l'un l'autre, mais ne faites pas de l'amour une chaîne.
Laissez le plutôt être une mer dansant entre les rivages de vos âmes.
Emplissez chacun la coupe de l'autre, mais ne buvez pas à la même coupe.
Donnez à l'autre de votre pain, mais ne mangez pas de la même miche.
Chantez et dansez ensemble et soyez joyeux, mais laissez chacun de vous être seul.
De même que les cordes du luth sont seules pendant qu'elles vibrent de la même harmonie.
Donnez vos cœurs, mais pas à la garde l'un de l'autre.
Car seule la main de la Vie peut contenir vos cœurs.
Et tenez-vous ensemble, mais pas trop proches non plus :
Car les piliers du temple se tiennent à distance,
Et le chêne et le cyprès ne croissent pas à l'ombre l'un de l'autre."

(SIC)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Princess
AdMiN


Féminin
Nombre de messages: 37
Age: 29
Localisation: Paris
Date d'inscription: 06/09/2006

MessageSujet: encore encore   Ven 29 Sep 2006 - 23:47

LA JEUNESSE ET L'ESPOIR.



La jeunesse marchait devant moi, et je la suivis jusque dans un champ retiré. Là elle s'arrêta et leva les yeux vers les nuages qui erraient dans le ciel, tel un troupeau de moutons. Puis elle regarda les arbres dont les branches nues étaient tendues vers le ciel comme dans un geste d'invocation, afin que revînt leur feuillage.


Et je dis:" O Jeunesse, en quel lieu sommes-nous arrivés?"

Elle répondit: " Dans le champ de la confusion. Garde-toi."

Alors, je criai : "Allons-nous-en sans tarder, cet endroit m'effraie. "

Mais elle objecta : "Sois Patient, car c'est du doute que naît la connaissance."


Puis, regardant à l'entour, je vis une gracieuse silhouette venir vers nous. Je m'enquis: " Qui est cette femme?"

Et la Jeunesse de répliquer : "C'est Melpomène, fille de Zeus et Muse de la Tragédie. "

" Mais Jeunesse heureuse, m'écriai-je, que me veut la Tragédie alors que vous êtes auprès de moi?"

Et elle me répondit: "Elle est venue afin de te montrer la terre et ses afflictions, car quiconque n'a jamais regardé la souffrance ne peut prétendre voir la joie. "


Alors, de sa main l'esprit me ferma les yeux. Et, quand il l'eut retirée, la Jeunesse s'en était allée. Je restai seul , dépouillé de tout vêtement terrestre. Je criai: " O toi Fille de Zeus, où donc est partie la Jeunesse? "


Melpomène ne dit mot, mais elle me prit sur ses ailes et me transporta jusqu'au sommet d'une haute montagne.

Au-dessous de moi, je vis la terre et tout ce qui la compose. Elle s'étalait comme les pages d'un livre, sur lesquels on aurait imprimé les secrets de l'univers. Auprès de la jeune fille je restai, pénétré de crainte, refléchissant sur le mystère de l'Homme et m'éfforçant de déchiffrer les symboles de la Vie.


Et je vis des choses accablantes.

Sur la terre les anges du bonheur étaient en lutte avec les démons du malheur. Debout parmi eux je vis l'Homme, tiraillé tantôt par l'espoir, tantôt par le desespoir.


Je vis l'amour et la haine se jouer du cœur de l'homme, l'amour lui dissimulant sa culpabilité et l'enivrant avec le vin de la soumission, de l'adoration et de la flatterie, cependant que le haine l'incitait au défi, lui scellait les oreilles et rendait ses yeux aveugles à la vérité.


Et j'aperçus la cité se recroqueviller sur ses taudis et s'emparer du vêtement du fils d'Adam. Et au loin, les champs compatissants pleuraient sur le chagrin de l'Homme.


Je vis des prêtres, à la bouche écumante, qui ressemblaient à des renards rusées, et vis de faux messies chercher à arranger le bonheur de l'homme tout en conspirant contre lui.


Et j'aperçus des predicateurs lever les yeux au ciel, dans un geste d'adoration, alors même que leurs cœurs étaient ensevelis au fond des tombes de l'avidité.


Je vis la religion se tapir dans des livres, et le doute lui ravir sa place.


Et j'aperçus l'homme appeler la sagesse à la rescousse pour qu'elle le délivrât et la sagesse se montrer insensible à ses appels, car avec dédain il l'avait regardée quand dans les rues de la cité elle lui avait parlé.


Je vis l'homme dissimuler sa lâcheté sous le manteau de la patience et appeler la paresse, tolérance, et la peur, courtoisie.


Et j'aperçue un jeune homme voulant séduire le cœur d'une jeune fille avec de tendres paroles, alors que les sentiments véridiques de l'un et de l'autre sommeillaient et qu'ils étaient bien loin de leur divinité.


Je vis deux amants, dont la femme semblait comme un luth dans les bras d'un homme ne sachant en jouer et ne créant que des sons discordants.


Et j'aperçus des législateurs discuter de façon oisive et vendre leurs marchandises sur les marche de la tromperie et de l'hypocrisie.


Je vis la liberté se promener seule et frapper aux portes afin de demander l'asile, sans que personne prêtât l'oreille à ses appels. Je vis la prodigalité s'avancer majestueusement et la foule l'acclamer comme la liberté.


Et j'aperçus des physiciens jouer avec des âmes candides et crédules.


Je vis l'ignorant et le sage qui, assis côte à côte élevaient leur passé au trône de la gloire, embellissaient leur présent avec des vêtements de l'abondance et préparaient au futur une couche de luxure.


Et j'aperçus de pauvres malheureux semer leurs champs, et les puissants faire la moisson, tandis que l'oppression, travestie en loi, montait la garde.


Je vis le gaspilleur mal dépenser son or et l'avare en faire l'hameçon de la haine. Mais dans la main du Sage, je ne vis point d'or.


Quand j'eus aperçu tout celà, je m'écriai, déchiré ; "O Fille de Zeus, cela est-il vraiment la Terre? Cela est-il véritablement l'homme?"

D'une vois sourde et triste, elle répondit : "Ce que tu viens de voir, c'est le Chemin de l'Ame, pavé de pierre tranchantes et parsemé d'épines. Mais ce n'est que l'ombre de l'homme, la nuit. Sois patient, car le matin de saurait tarder!"


Puis elle posa ses doigts délicats sur mes yeux. Et quand elle les eut retirés, je vis la Jeunesse lentement marcher à mes côtés. Et, devant nous, l'Espoir ouvrait la marche.


_________________
« On rencontre sa destinée souvent par les chemins qu’on prend pour l’éviter.»
Jean de LA FONTAINE


Dernière édition par le Sam 30 Sep 2006 - 0:14, édité 5 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SEbTrIP
AdMiN


Masculin
Nombre de messages: 886
Age: 31
Localisation: Montpellier
Date d'inscription: 30/08/2006

MessageSujet: Re: C@fé LittérAire   Ven 29 Sep 2006 - 23:51

Très beaux textes à méditer... le pub philo!!! SIC tu nous l'anime? Merci princess pour nous faire découvrir ces auteurs...

_________________
C'est quand la colère s'ennuit que nous sommes au paradis...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://manolibro.editboard.com
(SIC)
AdMiN


Masculin
Nombre de messages: 21
Age: 29
Localisation: Montpellier
Date d'inscription: 06/09/2006

MessageSujet: C@fé LittérAire   Sam 30 Sep 2006 - 0:43

Cette rubrique du Café Littéraire a pour vocation de rassembler des textes de prose et autres poèmes afin de réaliser une compilation née des échanges des libres penseurs.
Ceux-ci proposent des citations d'auteurs ou bien leurs propres textes, puis les déposent dans cette petite bibliothèque poétique aux atraits charmants et sérieux à la fois.
Ici le fond et la forme jouent pleinement leur rôle, le tout rôdant toujours autour des thèmes philosophiques fondamentaux afin de les définir dans une approche esthétique.
Parceque la beauté révèle la vérité.
Bonne lecture.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
zofi
ANiMAtEUR


Féminin
Nombre de messages: 60
Age: 33
Localisation: lyon
Date d'inscription: 17/09/2006

MessageSujet: kojiki mythologie japonaise   Sam 30 Sep 2006 - 11:02

bonjour tout le monde,

la contribution que j'aimerais apporter ici est issue du kojiki, un recueil de chroniques qui évoquent les temps immémoriaux du Japon, depuis la création du monde par les dieux jusqu'aux luttes des premiers empereurs qui ont régné sur le pays. L'une de ces légendes a pour personnage central la déesse du soleil Amaterasu. Voici l'histoire racontée, ce n'est pas le texte original, mais cela en simplifie l'appropriation.

Amaterasu, la déesse du soleil, était évidemment dotée d'un immense pouvoir, puisque toute vie sur terre dépendait de son bon vouloir. Amaterasu était bonne, généreuse et fidèle. Chaque jour elle revenait éclairer le monde et réchauffait les hommes de ses rayons bienfaisants qui faisaient croître les plantes jusqu'au temps béni des moissons. Mais la déesse du soleil avait un frère nommé Susanoo qui possédait un caractère diamétralement opposé à celui de sa soeur. Il était irascible, imprévisible et souvent brutal, on ne comptait plus les innombrables disputes qui l'opposaient à Amaterasu. Un jour, lors d'une querelle particulièrement violente, Susanoo entra dans une fureur terrible. Il partit brusquement et se précipita vers les rizières qui bordaient le palais. Saisi d'une rage folle, il détruisit les digues qui protégeaient les cultures et boucha les écoulements des canaux d'irrigation. Toutes les pousses de riz que la déesse du soleil cultivait avec amour furent détruites par l'inondation, mais cela ne suffit pas à calmer la furie de Susanoo. Il s'introduisit dans la demeure de sa soeur et se mit à vomir dans toutes les pièces et à barbouiller les murs avec ses propres excréments. Pour finir, il jeta à travers le toit du palais un cheval écorché dont le cadavre s'abattit sur l'une des servantes de la déesse, provoquant la mort de la malheureuse. C'en était trop pour Amaterasu. Excédée par l'ignoble comportement de son frère, elle décida de le punir de la manière la plus terrible. Elle se retira au fond d'une immense caverne et jura de ne plus jamais en sortir. Le soleil ne brilla plus dans le ciel et le monde fut plongé dans la nuit, ce qui condamnait Susanoo à mourir de froid dans les ténèbres.
Malheureusement, la décision d'Amaterasu ne frappait pas seulement son terrible frère, elle mettait en danger la vie de tous les habitants du monde. Victimes d'un conflit qui ne les concernait pas, ils levaient des yeux effrayés vers le ciel noir et vide. Ils étaient persuadés que leur dernière heure allait bientôt sonner, et ils gémissaient en tremblant de peur, maudissant le mauvais sort qui les accablait si cruellement. Mais certains d'entre eux comprirent que les lamentations ne serviraient à rien. S'ils voulaient avoir une chance de survivre, ils devaient agir, et vite ! Comment faire pour amener la déesse du soleil à sortir de sa caverne ? Pour répondre à cette angoissante question, on fit appel aux plus sages et aux plus expérimentés des habitants du monde. Après s'être réunis, ils conseillèrent de fabriquer trois objets qui auraient peut-être le pouvoir d'influencer la déesse : une épée, des bijoux et un miroir. La légende ne parle que très brièvement de l'épée, il semble que les habitants aient vite compris qu'elle ne leur serait pas d'une grande utilité. Ils décidèrent plutôt d'utiliser les bijoux, des bijoux merveilleusement beaux et extrêmement précieux qui avaient été ciselés par les meilleurs artisans. Ils les attachèrent à un arbuste sacré pour en faire offrande à Amaterasu. L'arbre fut placé devant la caverne et les habitants se réunirent en espérant que la déesse serait touchée par leur cadeau et accepterait de quitter son refuge. Mais rien ne se passa et ils attendirent en vain, grelottant de froid dans la nuit et perdant peu à peu espoir devant l'obstination de la déesse. Finalement, ils résolurent d'utiliser leur dernier atout : le miroir. Les sages leur avaient indiqué comment procéder. Une danseuse exécuta devant eux une chorégraphie d'une grande beauté et tous se mirent à crier de joie et à applaudir. Intriguée par ces sons joyeux, Amaterasu demanda : " Pourquoi vous réjouissez-vous alors que le monde est plongé dans la nuit ?". La danseuse lui répondit : " C'est parce que nous avons trouvé un dieu encore plus noble que vous, Majesté ". Piquée par la curiosité, la déesse du soleil mit la tête hors de la caverne pour voir ce nouveau dieu. Alors les habitants placèrent le miroir devant son visage et, attirée par sa propre image, Amaterasu quitta enfin son refuge et brilla à nouveau sur l'univers.


Les habitants du monde sont confrontés à un problème qui s'est répété tout au long de l'histoire humaine et qui existe encore de nos jours. Une querelle a éclaté dans le cercle des puissants, et les conséquences de ce conflit mettent en danger la vie du commun des mortels. Dans ce type de situation, l'homme ordinaire se montre généralement plutôt fataliste, persuadé qu'il est de ne posséder aucun pouvoir sur les décisions des puissants. Mais dans la légende, certains habitants réagissent différemment. Bien qu'ils ne soient que des vermisseaux face à l'incroyable puissance de la déesse du soleil, ils décident de tenter leur chance et de rechercher le moyen d'influencer Amaterasu. Comment amener le soleil à éclairer de nouveau le monde, quel pouvoir permettra de faire sortir la déesse de sa caverne ?" Connais-toi toi-même ", l'injonction n'est pas nouvelle. Mais ce que nous dit le Kojiki, c'est que cette connaissance représente aussi une fabuleuse source de pouvoir, bien plus puissante que la force ou la richesse. Un pouvoir qui a donné aux sujets de la déesse la possibilité d'échapper à leur triste sort et d'amener le soleil à briller de nouveau. Au lieu de penser que seuls les dirigeants ou les chefs d'Etat ont les moyens d'influencer le destin de la planète, nous pouvons agir comme les hommes de la légende. C'est en plaçant le miroir d'Amaterasu devant nos yeux et devant ceux des autres que nous découvrirons le pouvoir de changer le monde.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Princess
AdMiN


Féminin
Nombre de messages: 37
Age: 29
Localisation: Paris
Date d'inscription: 06/09/2006

MessageSujet: Re: C@fé LittérAire   Sam 7 Oct 2006 - 13:22

L'amour rétablit notre unité primitive



Jadis, la nature humaine était bien différente de ce
qu'elle est aujourd'hui. D'abord il y avait trois sortes d'hommes : les
deux sexes qui subsistent encore, et un troisième composé de ces
deux-là; il a été détruit, la seule chose qui en reste, c'est le nom.
Cet animal formait une espèce particulière et s'appelait androgyne,
parce qu'il réunissait le sexe masculin et le sexe féminin; mais il
n'existe plus, et son nom est en opprobe. En second lieu, tous les
hommes présentaient la forme ronde. Ils avaient le dos et les côtes
rangés en cercle, quatre bras, quatre jambes, deux visages attachés à
un cou orbiculaire et parfaitement semblables, une seule tête qui
réunissait ces deux visages opposés l'un à l'autre, quatre oreilles,
deux organes de la génération, et le reste dans la même proportion.
[...] Leur corps était robuste et vigoureux, et leur courage élevé, ce
qui leur inspira l'audace de monter jusqu'au ciel et de combattre
contre les dieux, ainsi qu'Homère l'écrit d'Éphialte et d'Otos.

Zeus examina avec les dieux le parti qu'il fallait prendre. L'affaire
n'était pas sans difficulté : les dieux ne voulaient pas anéantir les
hommes, comme autrefois les géants, en les foudroyant, car alors le
culte et les sacrifices que les hommes leur offraient auraient disparu;
mais, d'un autre côté, ils ne pouvaient souffrir une telle insolence.
Enfin, après de longues réflexions, Zeus s'exprima en ces termes : "Je
crois avoir trouvé, dit-il, un moyen de conserver les hommes et de les
rendre plus retenus, c'est de diminuer leurs forces. Je les séparerai
en deux; par là, ils deviendront faibles; et nous aurons encore un
autre avantage, ce sera d'augmenter le nombre de ceux qui nous servent
[...]."

Après cette déclaration, le dieu fit la séparation qu'il venait de
résoudre; et il la fit de la manière que l'on coupe les œufs lorsqu'on
veut les saler, et qu'avec un cheveu on les divise en deux parties
égales. Il commanda ensuite à Apollon de guérir les plaies, et de
placer le visage et la moitié du cou du côté où la séparation avait été
faite, afin que la vue de ce châtiment les rendît plus modestes. [...]

Cette division étant faite, chaque moitié cherchait à rencontrer celle
dont elle avait été séparée; et, lorsqu'elles se trouvaient toutes les
deux, elles s'embrassaient et se joignaient avec une telle ardeur, dans
le désir de rentrer dans leur ancienne unité, qu'elles périssaient dans
cet embrassement de faim et d'inaction, ne voulant rien faire l'une
sans l'autre [...]. Et ainsi la race allait s'éteignant. Zeus, ému de
pitié, imagine un autre expédient : il met par-devant les organes de la
génération, car auparavant ils étaient par derrière; on concevait et
l'on répandait la semence, non l'un dans l'autre, mais à terre, comme
les cigales. Zeus mit donc les organes par-devant et, de cette manière,
la conception se fit par la conjonction du mâle et de la femelle.
Alors, si l'union se trouvait avoir lieu entre l'homme et la femme, des
enfants en étaient le fruit, et si le mâle venait à s'unir au mâle, la
satiété les séparait bientôt, et les renvoyait à leurs travaux et aux
autres soins de la vie. De là vient l'amour que nous avons
naturellement les uns pour les autres : il nous ramène à notre nature
primitive, il fait tout pour réunir les deux moitiés et pour nous
rétablir dans notre ancienne perfection.


Platon "Le Banquet"


Quel désir formidablement beau de vouloir aimer et
être aimé à son tour. Quel formidable point commun qui nous unit tous
et nous rend tous similaire. Tant de chansons d'amour, tant d'écris et
d'actions au nom de l'Amour. Cette quête qui nous anime tous de trouver
notre "moitié" notre ame soeur, l'Unité, c'est peut être celà notre
quête??? Unité mes frères, je dis Unité au nom de et par l'Amour...



_________________
« On rencontre sa destinée souvent par les chemins qu’on prend pour l’éviter.»
Jean de LA FONTAINE
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Princess
AdMiN


Féminin
Nombre de messages: 37
Age: 29
Localisation: Paris
Date d'inscription: 06/09/2006

MessageSujet: en complément une chanson   Sam 7 Oct 2006 - 13:37

J'ajoute en complément du texte de Platon, un texte de chanson que je trouve merveilleux.

Ecris par Billy Joel et devenu un standard grâce à l'interprétation de Barry White

Don't go changing, to try and please me
You never let me down before
Don't imagine you're too familiar
And I don't see you anymore
I wouldn't leave you in times of trouble

We never could have come this far
I took the good times, I'll take the bad times
I'll take you just the way you are

Don't go trying some new fashion
Don't change the color of your hair
You always have my unspoken passion
Although I might not seem to care

I don't want clever conversation
I never want to work that hard

I just want someone that I can talk to
I want you just the way you are.

I need to know that you will always be
The same old someone that I knew
What will it take till you believe in me
The way that I believe in you.

I said I love you and that's forever
And this I promise from the heart
I could not love you any better
I love you just the way you are.

_________________
« On rencontre sa destinée souvent par les chemins qu’on prend pour l’éviter.»
Jean de LA FONTAINE
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

C@fé LittérAire

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum
 :: BOULEVARD DES iDéES - OUVERT à TOUS :: AVENUE DES PUBS-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet